Pourquoi j’écris sur l’industrie de la musique depuis 10 ans ?

En 2009, j’écris mes premiers billets sur l’industrie de la musique dans la rubrique « Si j’étais journaliste ». Ces coups de plume, probablement surannés, sont toujours en ligne dans les archives de mon site Internet. À l’époque, deux sujets faisaient le buzz en France : L’Hadopi et My Major Compagny. J’étais contre l’Hadopi et pas convaincue par le miracle annoncé du Crowdfunding, malgré quelques exceptions, pour financer la production phonographique. Pour rappel, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet s’attaquait bille en tête aux pirates pratiquant le Peer to Peer. Quant à MyMajorCompany, elle proposait aux internautes de devenir « producteur » d’albums dans un monde meilleur où les artistes seraient plus justement rémunérés et où les internautes pourraient tirer des bénéfices de leurs investissements initiaux. Déjà, mon point de vue proposait un questionnement sur l’efficacité et l’éthique de ces deux concepts diaboliquement opposés. D’un côté on brandit la menace de poursuites, de l’autre, on lance un appel aux dons. Dans ces deux cas d’école, comme souvent lorsque les voix s’élèvent des coulisses de la scène musicale, le discours officiel prône la protection des artistes et de leurs droits légitimes.

En 1982, Sony et Phillips développent et lancent le Compact Disc. Nous entrons, selon moi, dès lors dans l’ère de la révolution numérique. Si on m’avait dit en 1982 que mon quatrième album Vinyle Chimères serait accessible trois décennies plus tard à tous et dans le monde entier via plusieurs plateformes de streaming, j’aurais halluciné. Ironiquement, sans être visionnaire, initiée ou geek avant l’heure, c’est précisément en 1982 et avec cet album que je suis devenue productrice, éditrice et donc propriétaire de mon travail d’auteur, compositeur et interprète. J’ai acquis peu de temps après mes œuvres antérieures à cette révolution alors imperceptible à l’oreille nue. La première et seule version CD de Chimères est sortie chez BMG en 2004, 22 ans plus tard !

Le 4 novembre 2019, je publie sur mon Blog « Diane Cause Musique » un nouveau billet où j’explique, contre l’avis populaire, que le streaming peut être rentable dans certaines conditions même pour les plus modestes artistes bien informés, actifs et munis de contrats raisonnables. Quinze minutes de lecture documentées. Je me donne une semaine pour rectifier le tir, corriger les fautes d’orthographes, les erreurs d’estimation, lance un appel à commenter, poste mon texte sur les réseaux sociaux, l’envoie à mes collaborateurs, leur demande de me contredire si je pense faux, sans espoir de créer une contre-réaction au buzz provoqué par le coup d’éclat au Gala de l’ADISQ du bien intentionné Pierre Lapointe. Je me dis, pour vrai : tu écouteras, liras et apprécieras les réactions et tu écriras dans une semaine un nouveau post dans lequel tu feras la synthèse de ces 7 jours de rumination personnelle et publique. On est rendu là précisément.

Avant de me plonger dans la lecture d’ un article sur l’industrie de la musique, je me pose toujours ces questions : Qui écrit ceci ? Pourquoi il ou elle écrit cela ? Quel est le mandat ou le commanditaire s’il y en a un ? Quelle est la cible ? 

Posons-nous ces mêmes questions en ce qui me concerne

Qui écrit ceci ? Une artiste indépendante, libre et curieuse.

Pourquoi j’écris sur l’industrie de la musique ? Pour questionner le oui dire. Pour soumettre à l’idée souvent préconçue et non documentée une approche différente la plus argumentée possible. J’écris aussi pour apprendre, des choses dont j’ignorais l’existence ou le fonctionnement avant d’écrire sur le sujet.

Quel est le mandat ou le commanditaire s’il y en a un ? Le mandat est d’enrichir le débat. Il n’a y aucun commanditaire. Je n’ai pas de hidden agenda.

Quelle est la cible ? Révolution = Transition. Ces périodes tumultueuses sont propices au changement de mentalité. Selon moi, les artistes et leurs œuvres ont été exploités depuis la nuit des temps par une (ou des) industrie qui les dépassent. Sans pouvoir se passer d’eux, l’industrie fait tout pour que les artistes ne puissent se passer d’elle. Cette révolution numérique est une opportunité. Un moment rare et éphémère. L’occasion de redistribuer les cartes en faveur des artistes. Mon humble expérience m’a toujours mise en garde contre une industrie peu encline à la transparence. Son modus operandi n’a jamais été clair.

Il est peut-être trop tard pour les artistes derrière les millions de golds du grand back catalogue universel mais pour les nouvelles générations d’artistes qui ont grandi avec la toile, il est encore possible de se prendre en main plutôt que de se laisser prendre en charge par le système. L’industrie doit nourrir la source et non se gaver d’elle. Elle doit fournir des services aux créateurs et non se servir d’eux. J’aimerais que mes posts encouragent les nouvelles générations de créateurs et d’amateurs de musique à comprendre les nouveaux outils à disposition pour ensuite créer ces nouveaux modèles qui donneront le goût aux uns de découvrir et l’envie aux autres de produire.

De tout temps on blâme l’innovation. (L’invention de la radio, du phonogramme, du CD, la révolution numérique, le Web, le streaming) On accuse les gens du peuple. (Les pirates qui se servent sur la toile comme si c’était l’eau du robinet) Mais qui donc est ce on ? L’artiste qui lève le point à la Télé ? Non. Lui n’est que le porte-parole de on. (Il présente mieux) On c’est l’industrie. On s’insurge dès qu’un nouveau-né menace de lui enlever son jouet. On c’est l’intermédiaire entre les inventeurs à la pointe du progrès et les « consommateurs » à l’affut de nouveautés. Nous, les artistes, sommes plus jouet que joueur dans cette affaire. On le sait bien.

En 2015, je suis arrivée en Suisse avec l’intention d’écrire un livre sur notre industrie. Finalement, j’ai décidé de faire un album ! Haïku est sorti le 4 octobre 2019. Pourquoi j’ai abandonné l’idée de publier mon livre ? J’y ai travaillé fort et ne suis pas du genre à renoncer. Deux bonnes raisons m’ont découragée.

Primo le test online n’a pas été très concluant. Des posts publiés sur mon blog « Diane Cause Musique » ou ailleurs ont été vus ou lus, le plus souvent en diagonale, par peu de gens. Mon plus gros hit fut « R.I.P DEP. » publié le 24 mars 2017. À ce jour, ce billet a été vu (peut-être lu) par 1 560 personnes. Pas de quoi faire un succès en librairie. En pleine actualité, j’y mettais en doute les déclarations officielles, et incomplètes selon moi, des dirigeants de DEP, une maison québécoise de distribution de disques fermant boutique. Leur communiqué de presse m’avait semblé copié-collé par les médias sans commentaires. J’ai lancé une alerte qui a eu son petit effet dans le milieu à l’époque. On m’a même m dit que ce texte avait été utile et utilisé par certains avocats pour défendre les droits numériques des artistes en distribution chez DEP.

Secondo, l’industrie toute affairée à monétiser son nouveau modèle de diffusion numérique, celui-ci évoluant à pas de course, une thèse devient vite obsolète. On dit une chose un jour, un mois plus tard ce n’est plus tout à fait vrai. Un livre ? Oh My God ! Le temps de l’écriture, les délais de publication, et tout et tout… À quoi bon. J’ai donc décidé de publier exclusivement en ligne et seulement quand j’ai quelque chose à dire.

Roger Waters à Tout le monde en Parle en 2017

Un coup d’éclat à la Télé dénonçant le Streaming, que ce soit celui de Roger Waters (2017) ou de Pierre Lapointe (2019) à « Tout le monde en parle » ou au Gala de l’ADISQ, n’est pas du tout éclairant. Au contraire. Je dirais : alerte brouillard.

Contrairement à ce qu’on m’a rapporté à propos de la sortie de Pierre au Gala de l’ADISQ : « Il a donné des chiffres bidons mais ça a eu le mérite de braquer le projecteur en direction du problème. » Ça, je n’y crois pas trop. Le message envoyé à un néophyte en matière de droits des artistes devant sa télé ne fait que l’inciter à l’attitude « rien à foutre, je ne paye pas pour ça ». Pourquoi s’abonner à une plateforme de streaming si les artistes ne touchent rien et que mon argent ne fait que garnir les poches des multinationales qui ne payent pas de taxes dans mon pays. C’est ça le message. Et selon moi, ce n’est pas le bon message à mettre dans la tête des artistes et des amateurs de musique. On gratte la plaie (tout le monde aime, ça fait le buzz) mais on ne soigne pas le bobo.

Quand j’écris sur mon métier et ses travers, j’évite d’y mettre trop d’émotion. Je garde mes cris du coeur pour ces heures où je conçois mes projets, écris mes chansons, monte sur scène ou embrasse la vie. J’écris avec une certaine retenue. La tête froide. Je me mets à la place d’un comptable ou de toutes ces personnes qui ne sont pas des artistes et qui participent à notre « industrie » d’une manière ou d’une autre. Des fans de musique aux programmeurs d’algorithmes qui bossent pour Youtube. Je me demande comment je peux rester king dans ce royaume où l’argent est maître. Je me rappelle que sans mon travail et celui de tous mes confrères artistes créateurs, sans contenu, il n’y a pas de revenu et non le contraire.

Quatre bonnes raisons de défendre le streaming ?

Les revenus sont plus stables

Avant le numérique, un artiste signé en production touchait (possiblement et pas obligatoirement) de sa maison de disques une avance, généralement récupérable sur les revenus de ses ventes. Une somme plus ou moins importante selon des critères faciles à imaginer. Si en licence, il devait produire cet album avec la somme allouée. Si artiste maison, il n’investissait pas mais devait consentir à céder la propriété de ses masters et toucher des redevances plus modestes. Sans entrer dans le détail de ces deux cas de figure, le gros des revenus, dans le monde physique, dépendait du succès d’un album et se limitait (toujours) dans le temps aux quelques mois après la sortie (ou très peu d’années si succès colossal) où l’album était encore en vente et disponible dans les magasins. Avec le numérique et en particulier depuis l’arrivée du streaming la durée de vie d’un album est infini. La chanson Si j’étais un homme représente, 40 ans après sa sortie, 75% de mon chiffre d’affaire en ligne et en droits d’auteur. Je possède mes masters et mes éditions bien sûr mais c’est parce que la chanson est avant tout disponible qu’elle génère des revenus. Quelle que soit la notoriété de l’artiste, que les revenus soient faibles ou importants, leur progression est stable, simplement parce que de plus en plus de gens se convertissent au mode d’écoute en ligne.

Tout le catalogue des œuvres d’un artiste est disponible dans le monde entier.

L’album Désir Plaisir Soupir, un des plus réussis selon la critique, est sorti en 1996 (période faste pour l’industrie) chez Sony (grande maison de disques avec de gros moyens). Quelques mois à peine après son lancement, il fut retiré du catalogue Sony. Impossible de se le procurer jusqu’à ce qu’ITunes soit inventé 20 ans plus tard. Quels revenus, tous types de droits confondus, tirer d’un album disparu du radar durant ces 2 décennies ? Niet. Le streaming permet la distribution de l’ensemble du catalogue d’un artiste sans distinction de succès, de date de sortie etc. Back in the days, la majorité des artistes n’étaient pas en licence, les masters ne leur appartenaient pas, certes, mais ils touchent certainement encore aujourd’hui des royalties de cette cette nouvelle diffusion massive de leurs œuvres. Peu importe le deal. Quels magasins auraient aujourd’hui en stock l’album Willy and the poor boys de Creedence Clearwater Revival ? Il est disponible partout en ligne et marche bien. (Fortunate son en est à 400 millions d’écoute rien que pour la plateforme Spotify)

La numérisation permet aux plateformes de transmettre des datas très précises.

Mon père chirurgien me disait, à propos du passage à la prise en charge à 100% par l’état de tous les frais médicaux des contribuables québécois dans les années 60 : « Je suis peut-être moins bien payé par intervention mais toutes mes interventions sont payées. » Ce qui n’était pas le cas avant. Je me souviens toute petite de l’arrivée au salon d’une peau d’ours avec la tête. Pauvre bête. « Oh là mais d’où ça vient ce machin papa ? Un patient. Il n’avait pas d’argent alors il m’a offert ce trophée de chasse en échange d’une opération à l’estomac. » Dans mes décomptes IDOL Label, je peux lire qu’en mars 2018, en Russie, un type avec un abonnement premium Spotify a écouté la chanson Gilberto. Je suis peut-être moins bien payée par transaction mais toutes les transactions sont payées. Un décompte mensuel IDOL, moi qui suis un petit joueur, c’est 30 000 lignes comptable.

 Les plateformes sont Artist Friendly.

Un ami docteur m’a dit un jour, (déformation paternelle faut croire) à propos du dopage dans le sport : « Les adeptes du dopage ont toujours une molécule d’avance sur les organismes qui contrôlent les sportifs. ». Dès l’arrivée du P2P vers l’an 2000, les maisons de disques ont pris la pause de la « victime défenderesse des droits des artistes ». Droits qu’ils contrôlent pour la majorité des millions de chansons en ligne faut dire. À l’époque, la plateforme P2P Napster, lancée par trois kids d’à peine 20 ans, Shawn Fanning, John Fanning et Sean Parker provoqua un véritable Tsunami dans notre microcosme. Aujourd’hui, Napster est une marque et une plateforme parmi celles qui payent le plus de droits par transaction aux Labels. (Voir mon précédent billet). L’histoire est longue et marrante, mais notre temps ici est court.

Je crois sincèrement que la plupart des types derrière les plateformes de « piratage » il y a 20 ans et de streaming légal aujourd’hui sont des amateurs de musique. Je crois qu’ils aiment les artistes. Leurs boîtes sont part of the big game plan, elles brassent des milliards mais bon, à la base, le mouvement est pro-musique. Et… ils ont cette « molécule d’avance » sur l’industrie de la musique. C’est impressionnant. Ils inventent chaque mois de nouveaux outils pour donner les moyens aux utilisateurs et aux artistes de partager la musique et d’en jouir. Je suis idéaliste. Un nouvel âge d’or est dans les cartons. Il faut apprendre à utiliser ces services de la bonne manière, encourager le public et les artistes à comprendre leur fonctionnement, rattraper notre retard, revoir le partage entre ayants-droits et faire de ces maisons de diffusion de musique nos alliés. L’ennemi est en nous, les solutions aussi.

En terminant

Je l’ai évoqué dans mon précédent billet, les revenus du streaming sont répartis « au pro-rata du nombre d’écoutes » sur le modèle de la radio. Ce système favorise les artistes les plus écoutés.

Deezer, une plateforme de streaming française, propose un nouveau système de rémunération pour les artistes : l’UCPS (User Centric Payment System). Ce système, centré sur l’utilisateur, est avantageux pour les artistes de niche. C’est très bien expliqué ICI.

Sauf mon erreur, que Deezer verse 1 000 € à Paul et 3 000€ à Jacques, ou 2 000€ à chacun, ça change quoi financièrement ? Alors pourquoi toutes les plateformes n’adoptent-elles pas ce système si favorable à l’ensemble des artistes ? C’est une bonne question. Quelques réponses possibles ?

  • La grande patronne de l’industrie est une trinité de 3 majors qui impose aux plateformes ses règles et ses tarifs.
  • Ces majors gagnent plus avec leurs artistes en tête de gondole qu’avec ceux qui galèrent au fond des rayons. Le pro-rata convient mieux à leur modèle d’affaire.
  • Si la major A veut garder Jean au catalogue, elle doit lui faire des courbettes parce qu’en bas de l’immeuble, la limousine de la major B attend Jean portes grandes ouvertes.

Les majors et leurs champions du monde s’accaparent la plus grande partie des revenus générés par le streaming. Est-ce que les plateformes de streaming ou les gouvernements peuvent y changer quelque chose ? Pas sûr.

Le public et les médias concentrent toute leur attention sur la pointe de l’iceberg : quelques flocons étoilés posés sur une masse en grande partie invisible. Est-ce que les plateformes de streaming ou les gouvernements peuvent y changer quelque chose ? Comment voulez-vous imposer des quotas à un service interactif ?  

Alors. Le projecteur est-il vraiment braqué sur les bons coupables ?

Pour espérer sortir la tête de l’eau, un artiste doit commencer par maitriser les outils à sa disposition et toujours garder le contrôle de ses revenus même s’il les partage.

Dernière mise à jour, Toronto le 12 novembre à 8h00.

Pour aller plus loin

Spotify has guaranteed to pay big music labels billions over the next two years

Deezer propose un nouveau système de rémunération pour les artistes

La musique en ligne, c’est payant ? Oui quand même !

Diane Cause Musique – Le livre illustré sur Youtube

4 pensées

  1. Je lance une idée! Sur YouTube, le contenu québécois a pour défi de se démarquer du lot et être proposé aux utilisateurs au travers des contenus français et anglophones. Peut-être qu’une revendication intéressante des autorités (s’ils en ont vraiment une sur le streaming!), ce serait de mieux positionner le contenu local dans les listes d’écoute. Le trafic québécois augmenterait et les revenus aussi!

    Autre question que je me pose souvent à propos du travail que je fais en vidéo sur le web: est-ce que les plateformes ont vraiment besoin des créateurs, et ont-ils vraiment besoin de les payer pour qu’ils y restent? Qui a besoin de qui?

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  2. Pl Cloutier. Comme je l’écris, je ne crois pas que ce soit le job des autorités car ces services sont interactifs. La CRTC peut exiger d’une radio un quota minimum de contenu canadien car sa licence en dépend et elle contrôle ses programmes. Je crois que c’est à nous autres (artistes, entourage, amateurs de musique) de créer à partir des outils de ces plateformes dans leur grand espace notre vitrine. Un Youtubeur Chilien qui cause en espagnol, Diego Garmendia, des dizaines de millions d’abonnés, des milliards de vues… Pas besoin de règlementations… Il a trouvé son ton, son public…
    – Autre question que je me pose souvent à propos du travail que je fais en vidéo sur le web: est-ce que les plateformes ont vraiment besoin des créateurs ?
    Bien sûr que oui. Pas de contenu pas de viewers, pas de revenus… Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire.

    – et ont-ils vraiment besoin de les payer pour qu’ils y restent? Qui a besoin de qui?
    Ça motive. Dans mon précédent billet j’ai démontré que Youtube était la plateforme la plus payante dans mon cas. Certains amateurs ne s’embêtent pas avec la monétisation….
    Toutes les combinaisons sont possibles…. c’est à chacun d’adapter l’outil à ses besoins.

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