Du talent et de l’apprentissage

Ne venez surtout pas me parler de dons naturels, de talents innés ! On peut citer dans tous les domaines de grands hommes qui étaient peu doués. Mais la grandeur leur est « venue », ils se sont faits « génies » (comme on dit) grâce à certaines qualités dont personne n’aime à trahir l’absence quand il en est conscient. Ils possédaient tous cette solide conscience artisanale qui commence par apprendre à parfaire les parties avant de se risquer à un grand travail d’ensemble ; ils prenaient leur temps parce qu’ils trouvaient plus de plaisir à la bonne facture du détail, de l’accessoire, qu’à l’effet produit par un tout éblouissant.  Friedrich Nietzsche, Humain trop humain – 1878.

Il y a un début à tout. Mais où se niche le talent avant d’être révélé ? De quelles essences premières descend-il ? À quel instant précis le tracé un peu flou devient-il trait de génie ? Où se situe la frontière entre le don inné pour une discipline et les effets de son apprentissage ? Comment nait-on à la musique ? Pourquoi la bonne fée se penche sur ce berceau et pas sur cet autre ?

Les mots d’auteurs sur la question ne manquent pas.

  • La brièveté est soeur du talent. (Anton Chekhov)
  • Le trac, cela vient avec le talent. (Sarah Bernhardt)
  • Le goût est le génie du talent. (André Suarès)
  • On attend le résultat des ventes pour savoir si on a du talent ! (Albert Uderzo)
  • Le succès donne du talent et l’autorité du courage. (Frédéric Dard– excellente archive!)
  • Sauf la naissance, tout le reste peut s’acquérir par le talent, le savoir, l’intelligence, le génie. (Fiodor Dostoïevski)
  • Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose. (Jacques Brel)

Les chercheurs, plus attachés aux formes qu’à la formule, s’interrogent sur l’origine du ou des talents.

Howard Gardner, dans son ouvrage Les intelligences multiples, développe une théorie selon laquelle il existe plusieurs intelligences distinctes et innées dont l’intelligence musicale-rythmique. Il a étudié plusieurs cas de personnes atteintes d’autisme à haut potentiel capables de jouer « à l’oreille » et sans le moindre apprentissage des pièces de musique complexes et techniquement très exigeantes. Sans entrainement particulier ou désirs apparents, les phénoménales performances des musiciens Matt Savage ou Derek Paravicini confirment la thèse avancée par Gardner. Sont-ils pour autant des artistes ? Leurs prestations ont-elles une valeur artistique ? Leur remarquable personnalité , leur virtuosité, leur singularité impressionnent, mais sommes-nous émus à les entendre ? Surdoué ou pas, le rôle de l’artiste, sa fonction ou son job n’est-il pas d’émouvoir ? Le pouvoir de transmettre l’étincelle qui embrase le coeur humain n’est pas donné à tout le monde et pourtant, il  est à la portée d’une simple fleur.

À Athène, au V ème siècle av. J.-C, le mot talent désignait une unité de masse et de monnaie. Un talent valait 60 mines ou 6 000 drachmes. Sur le chantier du temple d’Ἐρέχθειον*, un architecte ou un scieur de pierre était payé environ 1 drachme par jour. Pour 150 drachmes, un κύριος* pouvait s’offrir un esclave de qualité.

La « Parabole des talents »*, dans l’Évangile selon Matthieu, raconte l’histoire de ces trois serviteurs ayant reçu de la main de leur maître chacun cinq, deux et un talent. Les deux premiers firent fructifier leurs avoirs mais le dernier, se sachant moins bien loti, enterra prudemment son unique talent. Bien mal lui en pris. À son retour, son bienfaiteur lui reprocha de ne pas avoir placé son argent au bon soin d’un banquier. Il le traita de minable bon à rien et le jeta aux ténèbres pour toujours. On ne prête qu’aux riches.

Au 21ème siècle de notre ère, à Hollywood, un talent est un acteur bankable payé une fortune pour jouer dans un peplum napus assurant au productorem un successus warantum.

Au Japon, on appelle tarento タレント (sorte de nippo-anglicisme tiré du mot talent)  toute personnalité surexposée dans les médias de masse et en particulier à la télévision. Il existe plusieurs types de tarentos. Les humoristes : owarai tarento お笑いタレント, les politiques : tarento seijika タレント政治家, les très populaires étrangers inconnus dans leur pays d’origine : gaikokujin tarento 外国人タレント, les commentateurs sportifs : supōtsu shusshin tarento スポーツ出身タレント, les multi disciplinaires à la fois chanteurs, acteurs, présentateurs : maruchi tarento マルチタレント, les usurpateurs ou « one trick poney » : gimmicked tarentoippatsuya  発屋, les tarento terebi, nepotic, dumb idols, et cetera-ento… Au Japon, être ou ne pas être un tarento est une question de vie ou de mort médiatique.

À Tar Valon, la fantastique cité imaginée par Robert Jordan, le Pouvoir Unique alimente La roue du temps et gratifie ses héros, bons ou méchants, de facultés surnaturelles. L’auteur appelle « talent » les pouvoirs dont il dote ses personnages pour guérir maladies et blessures, voyager « à l’intérieur », planer vers l’au-delà, contrôler le temps, maitriser le vent, imposer sa volonté à l’indocile, prédire l’inconnu ou rêver l’invisible.

Dans la chambre des muses comme aux quatre coins du temps et des mondes, le talent donne le change, prend toutes formes et brille de toutes forces.

Le talent n’est qu’un souffle sur les branches d’un arbre bien planté dans la terre.

°°°

Si le talent est d’avoir envie de faire quelque chose, comme le disait Jacques Brel, au commencement je n’avais aucun talent pour la musique. Pas envie d’aller trois soirs par semaine étudier le solfège, la théorie et l’harmonie. Pas envie d’enchaîner gammes et arpèges dans ma chambre alors que mes copains jouaient dehors. Pas envie d’interpréter les concertos de Rieding et Küchler à la fête paroissiale devant un parterre de parents venu entendre épater la galerie leurs progénitures en habit de communion trop petit. Je n’avais pas envie de faire de la musique.

Mon cher Jacques, petit on ne fait pas toujours ce que l’on veut et les parents ne manquent pas de talent pour faire de leurs enfants des produits de fierté. À six ans, je vivais en Abitibi-Témiscamingue au Québec dans une famille où toutes les musiques avaient leur place. Mon père s’était pris d’amitié pour un belge dont la mission était de fonder en région, sur le modèle européen, un conservatoire de musique.

Au mauvais endroit au mauvais moment,  j’ai intégré la modeste institution naissante à la demande de mon père.

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En 1964, Edgard Davignon fondateur, Luis Rebello professeur de violon, une vingtaine d’enfants, mes deux frères et moi avons essuyé les plâtres des classes du conservatoire de musique de Val d’Or installé au sous-sol des locaux de la Sureté du Québec. Monsieur Davignon, directeur de l’établissement, plus tard chef de choeur, enseignait aussi le piano, la flûte traversière, le solfège et la théorie musicale. D’entrée de jeu, son air malcommode m’indisposait alors le temps venu de choisir un instrument, je m’inscrivis aux cours de monsieur Rebello.

Tous les week-end je pratiquais le ski. J’adorais ça. Membre de l’équipe junior du Mont Vidéo, je rêvais de me lancer sérieusement dans la compétition. Mes modèles de l’époque étaient la grande championne canadienne Nancy Greene, médaillée d’or aux jeux olympiques de Grenoble en 1968, et Lloyd Pelletier, mon oncle américain. Jeune frère de ma mère, il exerçait le métier le plus glamour qui soit dans ce qui me semblait être la plus belle région du monde : patrouilleur à ski à Aspen dans le Colorado. Le summum. J’étais si fière d’être sa nièce. En 1967, nous séjournâmes en famille dans la station pour les vacances de Noël. Mon oncle m’emmenait avec lui fermer les pistes. Un privilège inestimable pour la petite skieuse que j’étais.

Dans ma région du bouclier canadien d’une superficie de près de 65 mille kilomètres carrés, il existe deux stations de ski : Le Mont Kanasuta et Le Mont Vidéo, respectivement deux collines de 147 et 107 mètres de hauteur. Un peu court pour y développer mes géantes aspirations de skieuse de haut niveau. Dans un autre monde, celui où vivait l’oncle américain, la seule piste mythique de ski alpin les « Oiseaux de Proie » à Beaver Creek Colorado s’étire sur 2 623 mètres de longueur…

Autre particularité propre à l’Abitibi de mon enfance, le climat y est très rude. Ce coin de pays détient le record absolu de température minimum jamais enregistré au Québec. À moins 51° Celsius, plus le facteur vent, mes ardeurs de championne débutante refroidies à l’os se sont volatilisées.

Sur le papier, ma vie commençait mal. Avec le temps, les choses allaient s’arranger.

C’est troublant de respirer l’air du temps perdu de l’enfance. Au fin fond de mon âge tendre, tous les signes avant-coureurs de la vie qui allait suivre sont perceptibles. Rien ne manque au tableau : la montagne en rêve, la musique en moi, l’écriture en pointillé, toute la matière première de mon existence s’y trouvait déjà en substance.

°°°

Au conservatoire, je m’en sortais tout juste bien. Avec un sens du rythme sûr et une oreille absolue, il ne m’était pas nécessaire de travailler beaucoup pour gagner la paix. Monsieur Davignon, grand perfectionniste et partisant du cœur et des heures à l’ouvrage, s’agaçait de mes dispositions à produire le minimum d’effort. Il répétait à la moindre occasion : « Il faut trois choses pour réussir : le travail, le travail et le travail. »

Pour le maestro, une aptitude naturelle ne dispensait pas de trimer. Au contraire, plus un élève était doué, moins il pardonnait le manquement aux devoirs. Au comble de l’irritation, il feignait l’indifférence. On m’avait enrôlée de peine dans cette formation, je ne me sentais pas concernée. Nous nous rejoignîmes dans cette impasse désaffectée.

La stratégie déployée par mon professeur de violon, Monsieur Rebello, était toute autre. Son objectif principal était de me transmettre le goût de la musique. Il n’insistait pas sur mon attitude paresseuse préférant valoriser mes facultés artistiques. Durant ses leçons, nous bavardions beaucoup. Ses encouragements, ses conseils, sa bienveillance attiraient toute mon attention. « Quitte à remplacer le violon par un autre instrument Diane, n’abandonne jamais la musique. » disait-il.

Je l’aimais tant, lui dois tellement. Un autre que lui, très sévère, peu sagace, trop préoccupé par sa propre réputation, aurait peut-être étranglé en moi l’instinct créatif qui allait me porter pour toujours.

°°°

Vers la fin de l’été boréal de 1969, une conversation tendue entre père et mère se transforma en violente querelle de ménage. Mes parents se balançaient leurs vérités de couple déchiré à tue-tête en anglais. De ma chambre, j’entendais tout sans comprendre que cette dispute fatale allait mettre un terme à notre vie de famille unie sous un même toit à Val d’Or.

Une semaine plus tard, ma mère, mes frères et moi, à l’étroit dans la Mustang familiale décapotable rouge et blanche, quittions papa pour la grande inconnue : Montréal.

Je suis née à Québec, ai vécu à Paris, puis en Abitibi. À dix ans déjà, la mélancolie du déracinement était une seconde nature.  Chut ! Pas de sentiment… et si t’en as tu te les gardes…

Je profitai de ce changement d’adresse pour changer d’instrument. Je troquai mon violon pour une guitare. Après une année de cours privés, je pus réintégrer le conservatoire de Montréal en tant qu’élève de Marie Prével, professeur de guitare classique et disciple d’Alexandre Lagoya. J’ai fouillé la toile pour dénicher une biographie, une anecdote la concernant, une photo d’elle, rien. Elle n’est même pas citée sur la fiche Wikipedia du conservatoire de Montréal.

Mon diplôme d’étude secondaire en poche, je me suis inscrite au concours d’entrée du CEGEP St-Laurent – département musique. En tant qu’élève du conservatoire, j’avais toutes mes chances d’être acceptée. Mon audition aurait dû n’être qu’une simple formalité.

J’ai été convoquée au collège et m’y suis rendue le jour dit, préparée, confiante, avec ma guitare à cordes de nylon. Devant la porte ouverte de la pièce dont le numéro correspondait à celui indiqué sur le courrier m’invitant à me présenter, il n’y avait personne. J’aurais pu pénétrer dans la classe, rencontrer mon destiné professeur et en finir. Quelque chose me retint. Au bout du couloir deux douzaines de garçons, équipés de guitares électriques, faisaient la queue devant la porte d’une autre classe. Intriguée, je questionnai l’un des candidats.

-Vous attendez pour passer une audition ?

-Oui, me répondit une voix étouffée derrière une tignasse de cheveux longs et frisés.

-Quel instrument ? Quel professeur ?

-Guitare électrique, Sam Balderman.

Sans poursuivre, le jeune homme avança d’un pas, détourna le regard, mettant un terme à la discussion.

Je suis restée un instant figée là. D’un côté, un professeur probablement très compétent attendait qu’une ou un élève se pointe à l’audition prévue. De l’autre, une foule de musiciens jouant des coudes espéraient gagner les faveurs du maître et une place dans son cours.

L’âne de Buridan, incapable de choisir, aurait fait demi-tour et serait devenu… Peintre en bâtiment ? Secrétaire médicale ? Homme d’affaire ? Femme au foyer ? Qui sait ?

La bonne élève, elle, aurait suivi à la lettre sa feuille de route, voulu faire bonne impression, interprétant sans faute une œuvre du répertoire homologué du second cycle pour obtenir son ticket d’entrée.

Moi, ni âne ni bonne élève, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai pris place dans la file d’attente derrière les rockers boutonneux. Le dernier passé, je suis entrée dans la salle de classe de monsieur Balderman, ai dit bonjour, ai enlevé mon manteau, ouvert mon étui de guitare, pris position et attendis la réaction du professeur.

-Mademoiselle, vous faites erreur ! Vous n’avez pas rendez-vous avec moi, je ne suis pas professeur de guitare classique. J’enseigne la guitare jazz…

Il passa une tête dans le cadre de la porte, tirant sur sa pipe il pointa du doigt la direction de la classe de son collègue.

-Voilà, vous prenez ce couloir, c’est un peu plus loin sur la droite… vous…

-En fait, je ne veux pas suivre les cours de guitare classique, je veux étudier le jazz avec vous monsieur Balderman.

-Vous avez changé d’avis ? Mais quand ? Là à l’instant ? Dit-il, s’étouffant de rire.

Un rire franc à la Michel Simon. Il me faisait penser à ce grand acteur. Il en avait le physique sans la moustache, à la fois monstrueux et très attachant.

Sam me demanda par curiosité de jouer quelque chose tout de même. À quinze ans, je me débrouillais pas mal. J’ai choisi de lui interpréter une étude de guitare classique et me souviens lui avoir aussi mentionné que j’écrivais des chansons.

-Vous composez votre propre musique ? Me demanda-t-il.

-Oui monsieur. J’ai déjà écrit une vingtaine de chansons paroles et musique.

-C’est vrai ? Alors mademoiselle, jouez-moi une de vos compositions.

-Avec plaisir monsieur Balderman.

Je me suis mise à chanter pour cet homme amusé, surpris et attendri par ce petit bout de bonne femme retombée du hasard.

Quelques semaines plus tard, je reçus le courrier me confirmant avoir été sélectionnée en tant que première et unique fille admise au CEGEP St-Laurent dans le cours de monsieur Balderman. Les revenus d’un emploi d’été m’ont permis d’acheter une guitare électrique Gibson E335 avant la rentrée.

J’ai aimé être la mauvaise élève de Sam, de Marie, de Luis et d’Edgard. Ne venez surtout pas me parler de dons naturels, de talents innés ! Sans eux je serais un âne.

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Notes

*Ἐρέχθειον : L’Érechthéion (en grec ancien Ἐρέχθειον / Erékhtheion, en grec moderne Ερέχθειο / Eréchθio) est un ancien temple grec d’ordre ionique situé sur l’Acropole d’Athènes, au nord du Parthénon. C’est le dernier monument érigé sur l’Acropole avant la fin du Ve siècle av. J.-C. et il est renommé pour son architecture à la fois élégante et inhabituelle. Source WIKI

*Κύριος : un gentilhomme

*La parabole des talents – Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30 :

    « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

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