Prélude 04 – Qu’est-ce qu’un Label?

Diane Cause Musique – Le livre lu sur YouTube

Prélude – Épisode 04 –  Qu’est-ce qu’un Label?

Chaque vendredi, un épisode de mon livre « Diane Cause Musique » est publié sur ma chaîne YouTube. J’y cause métier, industrie, expérience et des sentiments que m’inspire toute une vie chantée…

Nous répondons aujourd’hui à la question posée par l’étudiante de l’UQAM la semaine dernière : Qu’est-ce qu’un Label? Majors ou Indies, on choisit rarement son Label et la plupart d’entre nous devons nous passer de « l’étiquette prestigieuse » de l’artiste signé.

 

C’est l’air modeste et indépendant, qui ne s’en laisse pas plus imposer qu’il n’en veut imposer à autrui, qu’ils ne peuvent souffrir – c’est là ce qui suscite toute l’indignation qu’ils devraient réserver à l’affectation pompeuse, et tout le mépris qu’ils ne témoignent jamais à la mesquinerie et à la duplicité. William Hazlitt 1778 – 1830

« Qu’est-ce qu’un label ? » Si le temps de l’oral n’était pas si court, nous aurions pu répondre avec précision à la jeune étudiante qui posa cette question. Quelque chose comme – le label, l’étiquette en français *- est le terme adopté par la profession pour désigner une maison de disques, l’entreprise autorisée par contrat à exploiter commercialement en exclusivité les œuvres enregistrées par l’artiste. Le label peut-être en soit une maison de disques ou le satellite d’une planète major. Univeral Music Group par exemple possède de très nombreux labels dont les mythiques A&M, Barclay, Decca, Geffen, Blue Note, EMI, Capitol, Virgin, Island, Mercury, Motown, Philips, Polydor, Verve ou Deutsche Grammophon. Ces labels ont écrit bien plus qu’une page de l’industrie. Des livres entiers leurs sont consacrés. Chacun son histoire, mais un siècle de fusion a transformé ces instruments à polir le talent en catalogue de références. Le son Motown, l’esprit Island, la classe Blue Note, on ne trouve pas l’équivalent de nos jours même s’il existe encore de nombreux labels dont l’image précède celle de l’artiste. Signer chez un « indies » ou au sein d’une major peut être un motif de prestige. Un artiste sans étiquette se prive d’une image de marque. Son statut d’auto-producteur ne pèse pas lourd sur le marché, contrairement au fardeau des tâches qu’il cumule, celles assumées d’ordinaire par le label : le développement du projet, son financement, la production, la promotion, le marketing, la distribution, l’édition des chansons s’il est auteur-compositeur. Les labels de nos jours proposent des contrats 360° élargissant leur domaine de compétences à la gérance du fondS de commerce de l’artiste : les concerts et les droits dérivés. Le label joue en quelque sorte la partition qui orchestre les liens entre l’artiste, ses collaborateurs, les médias et le public. « N’est-ce pas là le travail du manager ? » aurait pu rétorquer l’étudiante et la discussion de rebondir sur le rôle du manager, mais la sonnerie signalant la fin du cours retentit et la classe prit congé de nous sur le champ.

Guillaume et moi avons poursuivi la conversation jusque tard dans l’après-midi. Nos parcours différents nous amènent à des constats divergents.

Il défend la gratuité, le partage, l’accessibilité des contenus, les concepts pay what you want et « ma musique contre une adresse courriel ». La gratuité de l’art pour l’art ? Pas tout à fait mais une vision résignée tout de même.

De mon côté, j’encourage les artistes à conserver leurs droits, le contrôle de leurs œuvres, la propriété de leurs phonogrammes, à signer des contrats de licence, pourquoi pas, mais à durée déterminée.

Selon lui, 90 % de la musique existante ne génère aucun revenu. En offrir l’accès augmente son potentiel « renommée ». Il cite l’exemple d’un artiste dont la musique diffusée librement en ligne attire l’attention des chasseurs d’extraits sonores. Trois ou quatre campagnes publicitaires par an suffisent à compenser le déficit de son modèle.

D’après moi, la fortune des éditeurs et des labels repose sur le cumul des revenus engendrés par les millions de titres dont ils détiennent les droits d’exploitation.

Si je m’en sors bien, après 40 ans de carrière, c’est que je suis aujourd’hui le principal ayant-droit de mes œuvres. De modestes mais nombreuses sources de revenus subviennent à mes besoins. Je précise qu’elles sont toutes liées à ma profession et non le résultat d’investissements judicieux ou d’un mariage avantageux. Pour combien de temps vais-je encore profiter d’une relative aisance financière ? Je ne sais pas. La tendance est à la dévalorisation de la musique enregistrée. L’avenir « professionnel » des artistes, toujours hasardé dépend de l’évolution des marchés de la culture, de l’escalade technologique, du comportement du public, des mentalités corporatives, des législations locales, nationales, européennes et internationales.

Un artiste peut-il se passer de Label ? Oui, s’il le souhaite ou si personne ne lui fait de proposition. Il n’aura pas le choix. Une bonne entente avec un bon Label, c’est l’idéal mais les idéaux sitôt atteints souvent se transforment en routine à fuir.

Diane Cause Musique sur YouTube c’est ici

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Images et Textes : Diane Tell

Thème Musical : Debussy – Six Épigraphes Antiques – L’orchestre de la Suisse Romande & Kazuki Yamada (Arrangement pour orchestre de E.Ansermet – Licence accordée par Pentatone Music (Netherlands)

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