La musique en ligne, c’est payant ? Oui quand même !

polygram

Juste avant le temps des fêtes, c’est le temps des galas. Dimanche dernier, le Gala de l’ADISQ nous a présenté son best of d’artistes et artisans de l’industrie de la musique au Québec et son worst of du business : le streaming. On distribue des trophées aux uns et des baffes aux autres. Sur le banc des accusés : le gouvernement, les GAFA et les plateformes de streaming.

01 Une industrie subventionnée par l’état

Il se trouve que nos gouvernements (canadiens), fédéral et provincial, participent généreusement au financement de nos industries culturelles par le biais des subventions et des aides à l’entreprise de la SODEC,

et ses fameux crédits d’impôt…

SODEC… ainsi que les aides du CALQ, Patrimoine Canada, Musicaction, et Factor. Oui, l’état participe au budget de la création musicale dans tout le pays ainsi que d’autres organismes tel que FondsRadioStar. Il faut se le rappeler de temps en temps.

Ce n’est pas notre sujet mais on peut affirmer sans risque que la plupart des projets artistiques et des entreprises visibles au Gala de l’ADISQ bénéficient d’aides plus ou moins importantes. Pour en avoir une idée, allez donc surfer sur les sites de ces organismes.

Quant aux plateformes de streaming, il faut tout de même reconnaître que ces sociétés à peine ou pas encore rentables ont redonné des couleurs à notre petite boutique en faillite depuis le début du siècle. Nous n’avons pas encore atteint les sommets de 1999 mais le chiffre d’affaire mondial grimpe rapidement et tous les records sont à notre portée.

02 Retour sur les légendes urbaines et autres vérités (vues à la TV, lues dans la presse)

Commençons par revisiter quelques légendes urbaines entendues ici ou là. Vous vous souvenez des 26$ de Jean Leloup ? Ça a fait le buzz !

  • RADIO-CANADA le 6 novembre 2015 «On nous présente toujours les titres les plus écoutés, ici on voit le titre Paradise City, écouté plus de 262 000 fois. Avec la rémunération que l’on a ici au Canada à 10,2 cents par mille écoute, ça veut dire que l’artiste toucherait pour l’écoute de ce titre 26 $ à séparer entre son producteur et lui comme artiste interprète.» Sandy Boutin

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cliquez sur l’image pour voir la séquence

  • LE DEVOIR le 2 avril 2016 – Le chiffre fait image. En 2015, les quelque 540 000 écoutes Spotify de la chanson « Paradis City » de Jean Leloup lui auront rapporté… un peu moins de 30 $ pour ses droits d’interprète.
  • LA PRESSE le 23 octobre 2019 – L’autre aspect important est évidemment celui des redevances, alors que l’ère de l’écoute de musique en ligne a fait chuter les revenus des artistes. Particulièrement les francophones, qui, dans le marché québécois, ne génèrent pas assez de stream pour que ce soit payant, les revenus oscillant entre 0,07 et 0,1 cent par écoute.
  • « Même à ça, pour 1 million d’écoutes, c’est à peu près 5 000 $ qui revient à toute l’équipe », dit David Bussières du groupe Alfa Rococo. Par ailleurs, le porte-parole du Regroupement des artisans de la musique (RAM) estime que plusieurs des engagements libéraux pendant la campagne demeurent flous.
  • RADIO CANADA – GLALA DE L’ADISQ le 28 octobre 2019 – “Pour un million d’écoutes de ma chanson Je déteste ma vie (dont j’ai écrit les paroles et la musique) sur l’application Spotify, j’ai touché 500 $. J’ai l’impression que ma contribution à Spotify vaut plus.” Pierre Lapointe
  • LE DEVOIR le 29 octobre 2019 – Au lendemain de son coup d’éclat, Pierre Lapointe précisait au Devoir qu’en additionnant les droits d’auteur-compositeur touchés pour la même chanson grâce à la diffusion sur YouTube et Apple Music, il arrive à une somme d’environ 2 000 $.

pierre lapointe a la tv

Toujours dans le DEVOIR du 29 octobre – Tarif à revoir. À cet égard, Mme Drouin rappelle que la CDA (Commission des droits d’auteurs) n’a pas ajusté son tarif versé aux interprètes et aux producteurs depuis… 2012. À l’époque, elle l’avait fixé à 10,2 cents par tranche de 1000 écoutes en continu (donc une centaine de dollars pour un million d’écoutes), ce qui représente l’équivalent du tarif de la radio commerciale. Le tarif est en cours de révision depuis plusieurs mois — l’ajustement sera rétroactif : aux États-Unis, il est environ 20 fois supérieur.

Alors vous êtes perdus ?

Madame Drouin revient sur les chiffres cités par Sandy Boutin en 2015. Mais de quel tarif parle-t-on ? Un droit voisin du droit d’auteur peut-être puisqu’elle cite les interprètes et les producteurs. ? Le streaming ne génère pas de droits voisins actuellement. Enfin elle nous l’expliquera. Pour moi la boucle est bouclée.

Il y a du vrai derrière ces légendes mais on ne nous dit pas tout ! À quels droits correspondent ces chiffres par exemple. Depuis la sortie de Pierre Lapointe au Gala de L’ADISQ, on a tout entendu ou presque.

Une seule chose est à retenir. Un tarif pour une écoute, ça n’existe pas. Aujourd’hui, les revenus du streaming sont répartis « au pro-rata du nombre d’écoutes » sur le modèle de la radio, pro-rata qui favorise les artistes les plus écoutés. C’est très bien expliqué ici.

Système pratiqué par presque toutes les plateformes.

La plateforme française Deezer propose un nouveau système de rémunération pour les artistes. UCPS (User Centric Payment System), un système de répartition centré sur l’utilisateur. C’est SUPER et très bien expliqué ici.

03 Un peu de « Fact Checking », coup d’oeil sur les relevés d’un Label

Cessons de guesser et regardons les relevés de compte d’un cas moyen. C’est plus simple pour se faire une idée des revenus du streaming. Notre exemple est chiffré en Euros.

TABLEAU a – Relevé mensuel d’un petit Label X

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Sur ce tableau vous pouvez consulter les revenus chiffrés des 11 plateformes les plus performantes pour une période d’un mois. En divisant les revenus par le nombre de transactions, on arrive à une moyenne. Qobuz, Google Music, Amazon proposent l’écoute en ligne ou l’achat des morceaux, ce qui explique que le montant de la transaction moyen est plus élevé que sur les plateformes de pure streaming.

On remarque que les revenus générés par Youtube sont de loin les plus élevés bien que le montant de la transaction moyen soit le plus modeste.

TABLEAU b – Téléchargement ou Streaming, dans quelle proportion ?

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Sur les 1 583,00 € collectés en octobre 2018, 232,79 € proviennent du téléchargement, soit un peu moins de 15 %.

TABLEAU c – Revenus annuel (16 750 € – 24 455 $CA) d’un Label X pour un total de 7 354 632 transactions. Le tableau ne montre que les 11 principales plateformes.

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Si on analyse les revenus de notre Label X pour l’année 2018, on constate que les moyennes changent un peu par rapport au relevé mensuel et que Youtube est toujours premier malgré sa faible rémunération par transaction. Spotify Partner Bundle et YouTubePremium offrent de meilleures royalties que leurs géniteurs. On ose espérer que ces services vont se développer.

TABLEAU d – La distribution des revenus collectés par la plateforme

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1 Comment sont réparties les sommes récoltées ? La plateforme prend sa part. Elle a des frais bien sûr, beaucoup de frais. Spotify n’est toujours pas rentable malgré son succès monstre. Dans notre exemple (voir plus loin) on lui attribut 30% des sommes collectées pour l’exploitation du répertoire de ce Label en 2018.

2 Elle verse 12% aux Sociétés de gestion collective de droits d’auteurs, de compositeurs et d’éditeurs. (SACEM, SOCAN, SUISA etc…) Ce pourcentage peut varier selon les pays. Notre exemple est français. La somme totale collectée est ensuite redistribuée aux auteurs, compositeurs et éditeurs des oeuvres concernées moins la commission (entre 10 et 14%) de la société de gestion.

3 Elle paye ensuite le distributeur (Idol, SONY, Believe Digital etc.) responsable de la collecte des sommes dues pour l’exploitation des bandes maitresses (le master, l’enregistrement).

4 Le distributeur reverse une part au Label, (dans notre exemple 70%) et le Label paye l’artiste selon l’entente convenue entre le Label et l’Artiste.

TABLEAU e  – La répartition des revenus entre les auteurs, compositeurs, éditeurs, distributeur, label et artiste.

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Le montant des parts de l’artiste, du label et de son distributeur dépend des ententes signées entre les partis et du poids commercial de l’artiste. Plus l’artiste génère de revenus, plus il peut imposer ses conditions. Dans notre exemple, l’artiste est propriétaire de ses masters et possède son propre label. Son distributeur prend 30% et lui offre un service haut de gamme bien que cet artiste ne soit pas encore très « rentable » en ligne.

Notre artiste progresse de façon régulière mais il ne peut être qualifié de poids lourd.

04 Peut-on comparer les revenus réels de notre artiste modèle aux revenus possible d’autres artistes ?

Avec l’outil Spotify for Artist, on peut se donner une idée.

Les cowboys fringants sont écoutés en ligne 20 fois plus que notre artiste modèle. Si l’on multiplie par 20 les revenus réels du Label/Artiste, en supposant que la répartition de leurs droits est identique à notre modèle, le Label pourraient toucher autour de 335 500 € – 489 930 $CA par an pour l’exploitation en ligne du catalogue des Cowboys. Ce groupe est populaire en Europe ce qui explique en partie son succès en ligne.

Les revenus du Label de Lomepal, rappeur français fort populaire, sont possiblement 100 fois supérieurs à ceux de notre artiste modèle.  (1 675 000 € – 2 445 500 $CA annuel, probablement plus)

Loud, le rappeur québécois très en vogue en ce moment, génère 10 fois plus d’écoutes en ligne que notre modèle. ( 167 500 € – 244 550 $CA de revenus possible pour lui et son Label). Pierre Lapointe 4 fois notre modèle (67 000 € – 97 820 $CA de revenus possible annuellement).

Quant à Drake ou Ed Sheeran, ils sont écoutés 2 000 fois plus que notre artiste et bénéficient sans doute de bien meilleures conditions. On imagine les revenus que cela entraîne. (Autour de 33 millions € – 48 millions $CA par an, au minimum et certainement plus)

Ce sont des estimations bien sûr. Je les ai faites avec l’outil Spotify for Artist qui permet de comparer les performances sur la plateforme d’un artiste à celles d’autres artistes. Je ne connais pas les détails de leurs ententes, je propose que si leur Label  perçoit 70% des sommes collectées par leur distributeur et si ces artistes ont proportionnellement le même nombre d’écoutes que notre artiste modèle sur les autres plateformes, on arrive à ces estimations.

05 Et les droits d’auteur ?

Le tableu suivant montre la progression des revenus en ligne d’une petite maison d’édition indépendante – Relevé SACEM pour le territoire SACEM.

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En 2 ans les revenus par période de 3 mois ont presque quadruplé. Sont présentés les sommes collectés pour l’exploitation du catalogue en ligne uniquement. Pour rappel, il s’agit d’un petit joueur !

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Capture d’écran d’un extrait d’un relevé SACEM détaillé.

Ce relevé détaillé montre que pour une période de 3 mois, la chanson Si j’étais un homme a généré un revenu de 1 268 € – 1 851 $CA avant cotisations (dont 611 € – 892 $CA pour l’éditeur) , pour la « diffusion » en ligne et en France exclusivement. Les sociétés de gestion collective de droits d’auteurs ne mentionnent pas le nombre de transactions effectuées mais on peut voir de façon détaillée sur le relevé l’origine des droits par plateforme, pays, type de droits etc. Ici aussi, le pro-rata est de rigueur.

06 Alors finalement, ça raporte combien l’écoute en ligne ?

D’après notre modèle.

1 La somme moyenne la plus basse collectée par un Label pour une transaction en ligne est de 0,0011 € – 0,0016 $CA sur Youtube.

2 Youtube est la plateforme la plus utilisée pour l’écoute de musique en ligne. C’est elle qui rapporte le plus.

3 Tidal, Napster, Apple, Deezer, Qobuz, Youtube Premium sont les plateformes de streaming les plus généreuses. (entre 0,004 € – 0,0058 $CA et 0,007 € – 0,01 $CA en moyenne par transaction)

4 Si la répartition est ainsi proportionnée (notre modèle) : 30% pour la plateforme, 12% pour les droits d’auteurs et éditeurs, 17,40% pour le distributeur et 40,6% pour le Label et son Artiste :

1 million d’écoutes en ligne sur Youtube rapporte en moyenne 1 629 $ au Label, 698 $ au distributeur, possiblement 481 $ aux auteurs compositeurs et éditeurs (moins la commission de la société de gestion) Pas certaine que Youtube verse 12 % !

1 million d’écoutes en ligne sur Spotify rapporte en moyenne 3 000 $ au Label, 1 285 $ au distributeur, 886 $ aux auteurs compositeurs et éditeurs (moins la commission de la société de gestion)

1 million d’écoutes en ligne sur Apple Music rapporte en moyenne 6 810 $ au Label, 2 818 $ au distributeur, 2 012 $ aux auteurs compositeurs et éditeurs (moins la commission de la société de gestion)

Si le partage dans vos contrats diffère, exemple : 30% pour la plateforme, 12% pour les droits d’auteurs et éditeurs, 10% pour le distributeur et 30% pour le Label et 18% pour l’Artiste, il vous suffit de refaire les maths et vous aurez vos chiffres.

07 Pour terminer cette démonstration, j’ajouterais que…

La plupart des plateformes de streaming, y compris Youtube, sont Artist Friendly selon moi. Leur personnel est loin de prendre les artists pour des nuls ou des vaches à lait. Est-ce que les artistes se plongent dans les Tutos et les Blogs pour apprendre à maitriser ces outils de diffusion et de promotion ? Pas certaine. Presque tous les artistes avec lesquelles j’ai causé streaming sont…. dépassés. Idem pour les auditeurs. Perso, j’encourage toujours les personnes qui me questionnent sur le sujet à s’abonner s’ils apprécient l’écoute en ligne.

Oui le streaming peut rapporter des sous mais il faut être bien organisé, bien distribué, avoir un « fan base » solide, fidèle, être actif, publier régulièrement, entretenir les liens avec son public. Pour gagner des sous, il faut être écouté des millions de fois, c’est sûr. Si on y arrive, les revenus sont plus stables que ceux engendrés par la vente de disques. Toute la discographie est disponible partout dans le monde tout le temps, ce qui n’était pas le cas  avec le physique (à moins d’être une superstar internationale et encore). Deezer innove en créant un nouveau modèle de répartition des redevances, ils seront peut-être suivis. Encourageons-les.

Un artiste qui n’est pas auteur-compositeur, éditeur ou producteur propriétaire de ses bandes maîtresses aura du mal à vivre de sa production phonographique à moins d’avoir un très bon deal avec son Label (partage 50/50 par exemple) et une très grande quantité de transactions à son actif (des dizaines de millions ou plus)

Je n’ai pas mentionné la part des droits voisins (droits voisins du droit d’auteur payés aux artistes interprètes, musiciens et producteurs) dans cet exercice car le streaming ne génère pas ce type de droits. En revanche ces droits voisins sont  très « payants » pour les interprètes (chanteurs et musiciens) et les producteurs propriétaires des enregistrements diffusés sur ces plateformes par exemple : (en anglais dans le texte)

  • Pandora (or any internet radio platform)
  • Sirius XM (or any satellite radio platform)
  • Terrestrial radio outside of the USA
  • Cable TV music channels

Le sujet de la copie privée n’est pas non plus évoqué dans ce billet. Pour Rappel : L’exception de copie privée autorise une personne à reproduire une œuvre de l’esprit pour son usage privé, ce qui implique l’utilisation personnelle, mais également dans le cercle privé incluant le cadre familial. En contrepartie est prélevée une redevance ur les dispositifs de stockage utilisés, afin de compenser le manque à gagner des ayants droit. Au Canada, la copie privée est en deuil. Un fantôme qui hante les couloirs des sociétés de gestion. Il serait urgent de ranimer le processus mais ça ne concerne pas vraiment la lecture de contenu en ligne puisque à priori, on ne copie pas ces contenus.

Espérer des plateformes qu’ils augmentent le taux des redevances versées aux Labels (et leurs artistes) me semble peu probable. Ces plateformes sont à peine ou pas rentables, on l’a lu. (Voir les liens plus bas) Ils payent des fortunes aux 3 majors (Sony, WEA et Universal) pour accéder à leurs immenses catalogues. Leur marge de manoeuvre est très fine !

Inciter nos gouvernements à forcer ces plateformes à investir dans le contenu local c’est en quelque sorte demander aux plateformes de prendre part à la production, à devenir producteur. Pourquoi pas. Netflix le fait ! Est-ce que cela a réglé le problème du contenu audiovisuel de niche fait à la maison ? Pas sûr. Peut-être qu’un jour Spotify va s’offrir une major. Peut-être que dans 5 10 ou 20 ans Apple Music sera une  maison de disques. Tout est possible.

Le streaming a toujours été pour moi une sorte d’hybride ni disque ni radio. 1 000 000 d’écoutes, ce n’est pas l’équivalent d’un million de singles vendus. Ce n’est pas non plus comparable à un passage radio sur une antenne suivie par 1 million d’auditeurs. C’est ni l’un ni l’autre et un peu des deux.

Ce nouveau modèle génère de gros revenus, pour l’instant assez mal répartis entre les groupes d’ayants-droits, les familles de styles musicaux, les générations d’artistes et de consommateurs, entre les golds et les nouveautés. Il faut chercher et trouver les moyens de mieux répartir cette nouvelle richesse. Mais n’est-ce pas là un problème universel qui concerne tout le monde dans tous les domaines ?

Notes

1 Vous avez un autre avis ? Vous êtes expert et pouvez rectifier mes erreurs ? Vous désirez partager des infos, des précisions, d’autres exemples ? Je suis preneuse. Commentez, la discussion est très ouverte.

2 J’ai multiplié par 1,46 (le taux aujourd’hui) les montants cités en Euros pour obtenir l’équivalent en Dollars canadiens. La faiblesse du $CA n’aide pas notre cause. Les canadiens payent leurs abonnements en ligne moins cher que les américains ou les français. Cela influe sur les redevances.

3 Sandy Boutin est président du Label, Simone Records, il a été jusqu’à récemment Président de la commission du Disque et du Spectacle de Variétés de la SODEC, administrateur au CA de l’ADISQ, et vient d’être nommé directeur de cabinet de Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications (Québec).

4 Solange Drouin est Vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo), un organisme très influent dans le milieu.

5 Pierre Lapointe est un auteur compositeur et interprète Québécois très connu et très apprécié du public et des médias. Il a participé plusieurs années à l’émission La Voix (The Voice) en tant que coach. J’ai eu le plaisir d’être son mentor. Il a également animé sa propre émission de Télé ainsi que le Premier Gala de l’ADISQ cette année.

6 David Bussière est connu du public québécois comme membre du duo Alfa Rococo. Il a co-fondé le Regroupement des artisans de la musique (RAM). Il siège également au conseil d’administration d’ARTISTI,  une société de gestion collective créée par l’Union des artistes en 1997, dont la mission est de gérer et de distribuer les redevances dues aux artistes interprètes. (Droits voisins, copie privée principalement)

Pour aller plus loin je vous propose les liens suivants :

A Closer Look At Spotify’s Recent Growth

Spotify: Nevermind Profits

Will Spotify and Apple Music soon be forced to jack up their prices?

[TUTO] Les streams, ça rapporte combien?

What Are Neighboring Rights and How to Collect Them?

Deezer propose un nouveau système de rémunération pour les artistes

7 pensées

  1. David Bussières mentionne : 1 million d’écoutes = 5 000 $ (qui revient à toute l’équipe).
    Pierre Lapointe mentionne : 1 million d’écoutes = 500 $ (qui lui revient, semble-t-il).

    Constat :
    J’ai l’impression que Pierre Lapointe n’a pas un deal aussi intéressant avec son label et son éditeur, que l’a Alfa Rococo…

    C’est aussi pas mal le fun de voir que les artistes commencent à utiliser la «transparence» comme arme pour faire évoluer les choses. On découvre ici une toute autre problématique : l’équité entre les créateurs et l’industrie qui les représente.

    Merci Diane pour ce temps d’analyse.

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  2. Merci Guillaume. Je ne crois pas que Pierre sait trop comment ça se passe et ce qu’il gagne pour quels droits. Il n’a été que le porte-parole. J’explique tout ça dans mon billet suivant.

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