
Il y a des lieux où l’on entre un peu comme on entrerait en soi. L’atelier NAGRA à Romanel-sur-Lausanne fait partie de ceux-là.
Depuis toujours, la musique et l’exigence du son juste font bon ménage en moi. Plus la musique s’aventure, plus le son doit être irréprochable.
Pas seulement celui qui s’entend… Celui qui ne déforme pas, qui ne lisse pas. La prise de son qui capte l’infime, le vivant, l’irréductible et fait d’un instant spontané une présence qui traverse le temps.
En visitant leurs ateliers, j’ai retrouvé quelque chose de très ancien en moi : le goût du détail, le respect du savoir-faire. Cette conviction profonde que la précision n’est pas froide — elle est vraie.

La légende continue, peut-on lire sur le site de la Maison.
Et je l’ai constaté lors de cette précieuse visite.
À une époque où il suffit d’un simple téléphone pour réaliser un enregistrement vidéo 4K, il est difficile de remonter jusqu’en 1951 et d’imaginer la percée technique que représentait le Nagra I de Stefan Kudelski. Pour la première fois dans l’histoire de l’enregistrement sonore, une personne seule pouvait porter un enregistreur de haute qualité sur son épaule et se déplacer librement, sans équipement lourd ni équipe scientifique.
Quel bonheur de rencontrer Matthieu, Tanguy, Adel, Mario, Arben et Tiago à leur poste de travail — un travail qu’ils aiment — s’empressant de m’expliquer ce que fabrique Nagra en 2026. De pures merveilles.









Quelle émotion d’entendre Marguerite, la fille de Monsieur Kudelski, partager ses souvenirs autour du premier magnétophone à bande portable. Petit par la taille, mais d’une audace immense pour son époque.
Quel enthousiasme, aussi, à imaginer les machines du futur. J’étais très émue.
L’audace est dans l’ADN de Nagra.
Quel honneur de lire un article publié par Nagra, consacré à cet après-midi pas comme les autres. En voici un extrait :
Une passion commune pour la musique
Nous avons d’abord partagé un moment chaleureux, à parler musique et à faire connaissance — même si, d’une certaine manière, nous nous connaissions déjà. Bien sûr, ses chansons nous accompagnent depuis longtemps, et nombre de ses interviews, au fil des années, ont été enregistrées sur des magnétophones à bande Nagra.
Ce qui nous a particulièrement frappés, c’est son attachement profond au matériel hi-fi et à l’enregistrement. Lorsqu’elle a reçu ses premiers cachets en donnant des cours de guitare, elle ne s’est pas offert une voiture ni un objet ostentatoire. Elle a choisi d’acheter un amplificateur — celui aux célèbres vumètres bleus. Ce détail en dit long.
Dans un monde où tout peut être produit, accéléré, diffusé, oublié, il reste une chose que l’on ne peut pas tricher : le soin.
Chez NAGRA, j’ai surtout vu une fidélité.
À un geste.
À une écoute.
À une exigence.
Et je crois que c’est cela, au fond, qui fait les œuvres qui durent
La musique sans le son c’est la lumière sans son ombre.